Un guide pratique pour le reporting intégré dans le secteur bancaire

IR BANKINGDe manière générale, le reporting du secteur bancaire met l’accent sur la valorisation du capital financier et, dans une moindre mesure, du capital humain. Avec l’émergence d’un monde numérisé et la menace de désintermédiation, le secteur bancaire s’intéresse à la création de valeur de ses autres capitaux (industriel, social/relationnel, intellectuel et naturel). Un guide pratique de Coulson, Adams et Nugent (août 2015) présente un aperçu de la pratique actuelle de reporting des banques et articule la proposition de valeur de leurs capitaux. Il permet de contextualiser certains défis concrets auxquels les banques font face dans la mise en œuvre du cadre  <IR>.

Quelques exemples d’interaction des capitaux du secteur bancaire  :

  • Grâce à ses décisions de prêt, une banque peut avoir un impact indirect sur son environnement naturel. Si un emprunteur utilise les fonds empruntés à un impact négatif sur l’environnement, la banque peut avoir augmenté son capital financier à court terme au détriment à long terme de son capital social et éventuellement de son capital financier si cette opération conduit à une réaction négative avec des clients existants ou potentiels.
  • Les banques engagent des coûts et du temps (capital financier et humain) dans les interactions avec les organismes de réglementation. Cela contribue à renforcer le capital social et relationnel.
  • Si les employés de la Banque sont volontaires pour des activités de responsabilité sociale, ceci augmente le capital social et relationnel (par exemple la marque) au détriment du capital humain et financier (coût du temps passé).

Parce que la valeur se crée sur différents horizons temporels et pour différentes parties prenantes en lien avec différents capitaux, il n’est pas envisageable de maximiser un des capitaux tout en négligeant les autres. Par exemple, la maximisation du capital financier (le profit) au détriment du capital humain (grâce à des politiques de ressources humaines et pratiques inappropriées) est peu susceptible de maximiser la valeur pour l’organisation à long terme.

Une étude a été menée auprès d’un échantillon de rapports annuels de 20 banques. Un tableau présent dans le guide montre la façon dont les banques font état de la création de valeur sur leur capitaux. Pour chaque nature de capital, des KPI pertinents ont été identifiés et illustrent la transformation du capital.

Les observations suivantes peuvent être faites sur la base de l’enquête :

  1. Sur 20 banques, 8 appliquent le cadre <IR> et 3 autres un modèle approchant «Nos ressources» et «Nos entrées».
  2. Les banques appliquant le Cadre ont tendance à reporter sur les 6 capitaux, alors que les banques qui appliquent des concepts similaires ont tendance à être plus sélectifs. 
  3. Les banques fournissent des indicateurs clés de performance pour les sorties et les résultats, mais ont tendance à négliger les entrées et le calcul de contribution nette.
  4. Les KPI concernant le capital financier sont les plus quantifiés. C’est moins systématique pour les autres capitaux.
  5. La marque est un attribut du capital intellectuel pour le secteur bancaire alors que le cadre <IR> intègre la marque dans le capital social et relationnel. Le KPI «heures de formation» est classé par certaines banques sous le capital humain et par d’autres sous le capital intellectuel. Ces résultats montrent une confusion ou désaccord avec la définition du cadre pour les différents capitaux.
  6. Pour certaines capitaux, les KPI ne sont pas pertinents.
  7. Pour le capital intellectuel et humain, certaines banques n’ont que des KPI qualitatifs, confortant la difficulté de trouver des mesures quantitatives adéquates.
  8. Certains KPIs exigeraient une meilleure définition. Quelle est la définition d’un «investissement éthique» ?
  9. 7 banques communiquent sur leur utilisation du capital naturel, malgré le constat commun que les banques ne sont pas de grands consommateurs de ressources naturelles. Cet aspect est cependant présent en lien avec des cadres de reporting (GRI) ou autres plateformes ESG.

Télécharger le document « IR-Banking-Network-Publication« 

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