Une trop grande sensibilité aux énergies fossiles est un risque business

The_carbon_market_has_gro_007dgUne trop grande sensibilité aux énergies fossiles devient un risque business. L’une des plus grandes agences de notation, Standard & Poor’s, vient de décider d’intégrer le changement climatique dans ses évaluations des compagnies du secteur extractif. La baisse des prix du pétrole a été abrupte et sévère au cours des derniers mois. Standard & Poors a abaissé la note de huit sociétés d’exploration et de production pétrolière et gazière compte-tenu de la forte baisse des prix du pétrole. Les économistes, les chercheurs et autres observateurs ont mis en garde sur le fait que les actifs des compagnies pétrolières peuvent finir par être surévalués, si les négociations mondiales sur le climat parviennent à limiter les émissions, ce qui pourrait générer des risques financiers importants pour les investisseurs. Une récente étude publiée dans la revue américaine Nature en Janvier 2015 exhorte à laisser les combustibles fossiles dans le sol. Elle conclut que 80% des réserves de combustibles fossiles deviennent « imbrûlables » si la hausse de la température mondiale doit être maintenue dans l’objectif de 2°C.

Un groupe de 65 investisseurs américains, représentant près de 2 milliards de dollars en actifs, ont appelé la SEC à requérir un reporting plus détaillé des compagnies du secteur pétrole et gaz, en ce qui concerne les risques de dérèglement climatique. Les investisseurs déclarent qu’ils ont constaté l’absence de communication sur les informations non financières dans les documents déposés auprès de la SEC au sujet de ces risques importants. Les investisseurs s’intéressent de plus en plus aux risques climatiques dans leurs stratégies d’investissement et il est essentiel pour eux d’obtenir plus d’informations auprès des entreprises de ce secteur en ce qui concerne leurs dépenses en immobilisations et les risques connexes.

Le monde pourrait se diriger vers une crise économique majeure si les marchés boursiers gonflent une bulle d’investissement dans les combustibles fossiles. La «bulle de carbone » est le résultat, d’une part, d’une surévaluation du pétrole, du charbon et du gaz des réserves détenues par les sociétés de combustibles fossiles. Selon un rapport de Stern, au moins deux tiers de ces réserves devront rester sous terre pour atteindre les objectifs convenus au niveau international afin d’éviter de passer le seuil d’un changement climatique « dangereux ». Si les accords se font, ces réserves seront « imbrûlables » et donc sans valeur – conduisant à des pertes massives sur le marché. Mais les marchés boursiers parient encore sur l’inaction des pays sur le changement climatique. L’effondrement de la valeur des actifs pétrole, gaz et charbon devient un risque systémique potentiel de l’économie. Stern a déclaré que, loin de réduire les efforts pour développer des combustibles fossiles, les 200 plus grandes entreprises ont dépensé 674bn $ (441bn €) en 2012 afin de trouver et d’exploiter encore plus de nouvelles ressources, un montant équivalent à 1% du PIB mondial. D’autre part, la vision de court-termisme des marchés financiers est l’autre raison majeure de la bulle de carbone. Selon HSBC, 40-60% de la capitalisation boursière des 200 plus grandes entreprises pétrolières et gazières serait à risque dans la bulle de carbone.

La capture du carbone et la technologie de stockage qui enterrerait les émissions souterraines, peuvent jouer un rôle à l’avenir. Mais même un scénario optimiste ne permettrait de brûler qu’un supplément de 4% des réserves de combustibles fossiles.  Les agences de notation ont exprimé des préoccupations et Standard & Poor’s mentionne que le risque conduit déjà à la dégradation des notes des compagnies pétrolières.

Depuis 2013, plus de la moitié des nouvelles capacités de production électrique dans le monde sont renouvelables. En 2014, les énergies renouvelables représentaient 19,5% de la consommation électrique française. L’énergie électrique produite par les énergie renouvelables (plus de la moitié est d’origine éolienne) a dépassé la production d’énergie thermique fossile pour la première fois.

En savoir plus :

http://www.nature.com/nature/journal/v517/n7533/full/nature14016.html

http://www.notre-planete.info/actualites/4206-energies-renouvelables-France-2014

http://www.theguardian.com/environment/2013/apr/19/carbon-bubble-financial-crash-crisis

http://www.lesechos.fr/journal20141205/lec1_monde/0203985145895-pascal-canfin-investir-dans-le-charbon-et-les-energies-fossiles-est-devenu-un-business-a-risques-1071807.php

http://www.huffingtonpost.fr/pascal-canfin/va-t-on-trouver-un-accord-sur-le-climat-a-paris-en-decembre-2015_b_7232206.html?utm_hp_ref=tw

http://www.theguardian.com/sustainable-business/2015/feb/26/climate-change-oil-companies-risk-natural-disasters-flooding

 

 

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